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16 janvier 2020

Voeux et Prospective 2020

Il y a quelques années la Conférence des évêques de France a demandé à l’Enseignement catholique d’engager une réflexion résolue sur la prospective, pour assurer son avenir, pour s’y préparer, pour être digne des enjeux qui se révèlent.

Nous avons donc recréé cette présente année une commission du CoDiEc. Elle avance à marche forcée sur plusieurs axes : démographie, tissu économique et répartition géographique.

Actuellement, ses membres collectent toutes les données possibles, frappent à toutes les portes, posent des questions, se renseignent sur ce que les collectivités prévoient de leur côté à 5 ou 10 ans, ou plus. Une fois ces données brutes rassemblées, nous passerons à une 2ème phase : leur exploitation pour en tirer une double carte du Var : la réalité de terrain avec le calque projeté par-dessus de la présence de l’Enseignement catholique varois.

Enfin, une 3ème phase devra projeter, adapter cette présence de l’Enseignement Catholique à ces évolutions, à cet avenir. Combler les manques, régler les concentrations fortes et se projeter dans l’avenir.

Cela veut dire qu’il faudra parler déploiement – positionnement de moyens nouveaux – et redéploiement : fermer ou réduire quelque part pour ouvrir ou renforcer ailleurs…

Il nous faudra le faire objectivement si nous voulons réussir, c’est-à-dire se poser la question de ce qui est honnêtement juste et pas de l’influence de telle ou telle structure, de son envie de s’étendre ou de se projeter d’ailleurs.

Cela posera aussi la question des modèles économiques. Ceux de l’Enseignement catholique sont aujourd’hui en grande partie datés. Parler réseaux d’établissements, fusion ou regroupement d’OGEC, mutualisation de moyens de gestion ou d’enseignement, partage de structures… ne peut plus être un tabou.

Il faut avoir en tête que solidarité n’est pas mutualisation et que mutualisation n’est pas centralisation.

La question de l’objectif visé doit se poser avant celle des moyens dont on dispose. Ces derniers peuvent souvent – mais pas toujours il est vrai – se créer.

Pour finir, traiter de prospective sans parler des jeunes serait un non-sens dans notre activité, un aveuglement dans notre mission d’éducation et d’enseignement.

Le diocèse de Fréjus-Toulon se caractérise par une offre en maternelle et primaire nettement plus réduite qu’en collège et lycée. Si c’était un colosse, on dirait… qu’il a des pieds d’argile !

Pour rester fidèles aux orientations diocésaines, pour être en cohérence avec la construction intégrale de la personne, il nous faut prioriser différemment nos politiques. Créer un vrai projet diocésain autour du 1er degré est une nécessité. Proposer un programme, une démarche particulière de prise en compte de l’enfant dès son entrée en maternelle, démarche qui se poursuivrait ensuite en collège puis en lycée, permettrait d’avoir une véritable colonne vertébrale dans notre proposition aux familles. Cette posture sera de nature à capter les enfants plus tôt et leur donnera des valeurs éducatives et de travail en amont. Valeurs, méthodes et habitudes sur lesquelles ils pourront capitaliser pour poursuivre leurs apprentissage et formation jusqu’à la fin du lycée, voire après. Par là même, la fidélité des familles à l’Enseignement catholique en sera accrue et nos structures en seront confortées et pourront se projeter plus avant.

Nous voilà avec de beaux horizons devant nous. Merci à vous tous en vos fonctions respectives de Chefs d’établissement, de gestionnaires, de membres des communautés éducatives, de partenaires de constituer l’équipage du voilier de l’Enseignement catholique varois. Cinglons vers notre avenir !

Alors bon vent et bonne et sainte année à chacun et chacune.

Xavier PION

Directeur diocésain